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Patrick Drahi: L’homme qui valait moins 48 milliards


Cotdaz

Basé à Genève, l’investisseur Patrick Drahi pose comme un capitaliste ascète. Ses lieutenants portent des jeans, volent sur easyJet et rachètent des entreprises à coups de milliards. A crédit. Ils coupent à la hache dans les coûts pour extraire les bénéfices qui leur serviront à financer les prochaines acquisitions. Et de s’offrir au passage de belles demeures sur les rives du Léman.

En moins de deux ans, Patrick Drahi et sa société Altice ont avalé des groupes télécoms en Europe et au-delà, dont Portugal Telecom pour 7,4 milliards d’euros et SFR, le deuxième opérateur mobile français, pour 17 milliards, en 2014. La fusion de ce dernier avec Numericable, qu’Altice possédait depuis 2004, donne naissance à un poids lourd des télécoms français. L’investisseur se pique aussi de médias, en achetant cette année le magazine L’Express, la chaîne BFM et la moitié du quotidien Libération. Il est maintenant en lice pour reprendre Télé 7 Jours, France Dimanche et Ici Paris.

Début 2014, devinant que le rachat qu’il envisageait de l’opérateur SFR prendrait une tournure politique, l’homme d’affaires a consenti à faire ce qu’il n’avait jamais fait jusque-là: embaucher un cabinet de communication. Son choix s’est porté sur Havas Worldwide, société de conseil de Stéphane Fouks, l’ancien spin doctor de Jérôme Cahuzac et de Dominique Strauss-Kahn. Peu après, Patrick Drahi entrouvrait sa porte à une poignée de journalistes triés sur le volet.

Les salariés de Numericable-SFR ont raconté ses effets avec une incrédulité mêlée de stupeur. Du jour au lendemain, les vendeurs en magasin n’ont plus droit qu’à deux chemises de rechange, au lieu de trois. Le papier manque dans les imprimantes, et parfois même aux toilettes. Les notes de frais sont scrutées et les voyages aux salons multimédias de Las Vegas annulés. Cet été, le groupe a attendu l’ultime rappel et la menace de coupures de ses services pour verser 8,5 millions de taxes à la Ville de Paris. Fin octobre, le Ministère des finances a publiquement dénoncé les cinq plus mauvais payeurs du pays. Le vainqueur, Numericable-SFR, a dû régler 750 000 euros d’amende. L’opérateur a été condamné douze fois pour impayés par le Tribunal de commerce de Paris. Une bagatelle, puisque la plupart des sous-traitants ne poursuivent pas les démarches jusqu’à ce stade.

Mi-octobre, Numericable-SFR a annoncé qu’il allait s’endetter pour aider sa nouvelle maison mère, Altice, à verser un dividende de 2,5 milliards d’euros. Le principal bénéficiaire sera Patrick Drahi. Selon la documentation financière d’Altice, le versement devrait avoir lieu dans les trente jours à compter de l’assemblée des actionnaires du 15 décembre. Joyeux Noël, Monsieur Drahi.

 

Source et article complet: www.hebdo.ch

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